La campagne provoque toute sorte de réactions de la part de séropositifs et de séronégatifs. Nous vous en partagerons plusieurs au fur et à mesure que nous les recevrons. N'hésitez pas à commenter les réactions des gens à la campagne.
Voici l'extrait d'une lettre écrite par un professeur qui nous livre ses réflexions sur l'attitude de ses élèves quand vient le temps d'aborder le sujet du VIH en classe :
"J'enseigne le service social à des étudiants qui sont âgés de la jeune vingtaine. Ils sont pour la plupart hétérosexuels. La question du VIH et du sida finit par ressortir à un moment ou un autre. Je reste chaque fois perplexe. Il y a deux genres de commentaires qui ressortent. Le premier provient d’un « juriste » ou d’un « ex-avocat » se retranchant derrière les lois pour affirmer sans l'ombre d'un doute que « toute personne séropositive a l'obligation et le devoir de dire à tous ces partenaires, quels qu'ils soient, qu'il et séropositif ». Cette affirmation ne supporte aucune nuance et aucune exception. La discussion est même parfois impossible. J'ai beau les torturer avec des arguments éthiques ou humanitaires (discrimination…), rien n'y fait. Il semble qu'il existe deux camps. Une fois rendue dans le « mauvais » la vie change spontanément. Tout ce qui a fait qu'une personne est devenue séropositive disparaît. Il semble aussi que la discrimination, le rejet ou la peur n'existe pas non plus.
Le second type de commentaires provient le plus souvent d’une fille ou d’un jeune homme gai. Et ils affirment très confiant : « Moi, je demande toujours aux gars s'il est séropositif. S'il est +, je ne couche pas avec lui ». Je questionne toujours leurs moyens de vérifier l’information ainsi obtenue et reste sans voix devant des arguments tels que «ça paraît si quelqu’un ment». Je questionne alors pour savoir s'il ou elle utilise le condom de toute façon. La réponse est toujours « oui » ! J'ai beau argumenter que le gars peut soit mentir, soit ne pas savoir qu'il est séropositif ou enfin dire la vérité, cela ne change rien. En fait, ils ont deux chances sur trois de se tromper. On me répond qu’« il ne faut pas prendre de chance » (sic). Cela veut-il dire que les gens n'ont pas confiance au condom ou encore qu'ils ont dédain des personnes séropositives ? À tout le moins, ils en ont peur. Je ne sais pas, je ne sais plus! Il m'apparaît cependant que l'on tente de criminalisé les personnes séropositives et que le message des cours de justice a de plus en plus de prise dans la population sans considération aucune pour les conditions sociales des personnes séropositives. Je ne supporte plus les arguments à propos des quelques exceptions (sur lesquelles les cours de justice se sont justement basées) où il y a eu mensonge, négligence et transmission volontaire du VIH à des conjoints abusé !
Si les séropositifs sont des criminels potentiels, les séronégatifs le sont aussi. Comment ? La réponse est simple. Les personnes séropositives n'ont pas toujours été séropositives. (Vous êtes surpris?) Il fut un temps où elles étaient séronégatives, mais voilà, elles n'étaient responsables de rien, et elles pouvaient batifoler en toute insouciance jusqu'au jour où un séropositif «criminel» les a contaminés. Du jour au lendemain, elles sont passées du statut d'être insouciant au statut d'être responsable, capable de se prendre en main. Elles sont devenues des personnes garantes de l'innocence de l'humanité qui, elle, peut continuer à avoir des relations sexuelles en toute inconscience à l'abri des «criminels». [...]
Si les personnes séropositives sont responsables de quelque chose, ce n’est sûrement pas de la négligence des autres."
Simon Louis Lajeunesse, Ph. D. service social
0 commentaires:
Enregistrer un commentaire