Que pensez-vous de la campagne?

"J'ai parcouru votre site au complet. Laissez-moi formuler quelques commentaires.

Vous dites que "cherche mek clean et en santé" est un jugement et que cela laisse entendre que les séros+ sont sales et pas en santé. Et bien pour votre information, le VIH est un virus, et une personne porteuse d'un virus n'est certainement pas en santé. À vous lire, le VIH/sida n'est pas une maladie.

On voit de plus de plus en plus de gens qui mentionnent qu'ils sont poz dans leurs profils de façon franche et ouverte. Que pensez-vous de révéler le statut d'une personne qui elle-même en fait la promotion ?

Que pensez-vous des chasers ? Osez-vous dire que nous devons avoir de l'empathie pour ces gens qui choisissent délibérément d'attraper le VIH ? Parcourez des sites comme bareback.com et voyez combien de seros- cherchent des séros+. Votre site me répugne au sens où il fait des séros+ de pauvres victimes impuissantes alors que dans bien des cas, l'infection d'une personne a relevé de sa responsabilité personnelle. Rejeter toute la responsabilité sur les séros- qui tiennent à leur santé et en faire de méchants "sérophobes" (qui a inventé ce terme inapproprié?) vous attirera sûrement bien peu de sympathie. Dites-vous que si j'ai ressenti qu'on me mettait le problème de la "sérophobie" sur les épaules, d'autres personnes seros- vont ressentir la même chose. Ne vous les mettez pas à dos, cela nuirait sûrement à votre campagne et à la communauté séro+. Il y a peut-être lieu de revoir le message, donc.

Globalement, l'impression que votre site me laisse est une promotion du VIH. Je crois bien honnêtement que l'objectif est raté.

Notez que mes remarques ne s'en prennent pas au séros+ (qui comptent parmi plusieurs de mes amis intimes et avec qui j'ai justement plusieurs discussions comme nous tenons vous et moi), mais bien au discours tenu sur le site

C.G."

Point de vue externe sur la sérophobie

La campagne provoque toute sorte de réactions de la part de séropositifs et de séronégatifs. Nous vous en partagerons plusieurs au fur et à mesure que nous les recevrons. N'hésitez pas à commenter les réactions des gens à la campagne.

Voici l'extrait d'une lettre écrite par un professeur qui nous livre ses réflexions sur l'attitude de ses élèves quand vient le temps d'aborder le sujet du VIH en classe :


"J'enseigne le service social à des étudiants qui sont âgés de la jeune vingtaine. Ils sont pour la plupart hétérosexuels. La question du VIH et du sida finit par ressortir à un moment ou un autre. Je reste chaque fois perplexe. Il y a deux genres de commentaires qui ressortent. Le premier provient d’un « juriste » ou d’un « ex-avocat » se retranchant derrière les lois pour affirmer sans l'ombre d'un doute que « toute personne séropositive a l'obligation et le devoir de dire à tous ces partenaires, quels qu'ils soient, qu'il et séropositif ». Cette affirmation ne supporte aucune nuance et aucune exception. La discussion est même parfois impossible. J'ai beau les torturer avec des arguments éthiques ou humanitaires (discrimination…), rien n'y fait. Il semble qu'il existe deux camps. Une fois rendue dans le « mauvais » la vie change spontanément. Tout ce qui a fait qu'une personne est devenue séropositive disparaît. Il semble aussi que la discrimination, le rejet ou la peur n'existe pas non plus.


Le second type de commentaires provient le plus souvent d’une fille ou d’un jeune homme gai. Et ils affirment très confiant : « Moi, je demande toujours aux gars s'il est séropositif. S'il est +, je ne couche pas avec lui ». Je questionne toujours leurs moyens de vérifier l’information ainsi obtenue et reste sans voix devant des arguments tels que «ça paraît si quelqu’un ment». Je questionne alors pour savoir s'il ou elle utilise le condom de toute façon. La réponse est toujours « oui » ! J'ai beau argumenter que le gars peut soit mentir, soit ne pas savoir qu'il est séropositif ou enfin dire la vérité, cela ne change rien. En fait, ils ont deux chances sur trois de se tromper. On me répond qu’« il ne faut pas prendre de chance » (sic). Cela veut-il dire que les gens n'ont pas confiance au condom ou encore qu'ils ont dédain des personnes séropositives ? À tout le moins, ils en ont peur. Je ne sais pas, je ne sais plus! Il m'apparaît cependant que l'on tente de criminalisé les personnes séropositives et que le message des cours de justice a de plus en plus de prise dans la population sans considération aucune pour les conditions sociales des personnes séropositives. Je ne supporte plus les arguments à propos des quelques exceptions (sur lesquelles les cours de justice se sont justement basées) où il y a eu mensonge, négligence et transmission volontaire du VIH à des conjoints abusé !


Si les séropositifs sont des criminels potentiels, les séronégatifs le sont aussi. Comment ? La réponse est simple. Les personnes séropositives n'ont pas toujours été séropositives. (Vous êtes surpris?) Il fut un temps où elles étaient séronégatives, mais voilà, elles n'étaient responsables de rien, et elles pouvaient batifoler en toute insouciance jusqu'au jour où un séropositif «criminel» les a contaminés. Du jour au lendemain, elles sont passées du statut d'être insouciant au statut d'être responsable, capable de se prendre en main. Elles sont devenues des personnes garantes de l'innocence de l'humanité qui, elle, peut continuer à avoir des relations sexuelles en toute inconscience à l'abri des «criminels». [...]


Si les personnes séropositives sont responsables de quelque chose, ce n’est sûrement pas de la négligence des autres."


Simon Louis Lajeunesse, Ph. D. service social

Cette fin de semaine au Parc de l'Espoir

Cette fin de semaine, des bénévoles seront au Parc de l'Espoir pour accompagner les gens de la Veille électronique.

Ne les manquez pas ce vendredi, samedi et dimanche entre 19h et 23h au coin des rues Panet et Ste-Catherine.

N'hésitez pas à venir nous donner vos commentaires sur la campagne et à participer à ce projet de témoignage.



À propos de la Veille électronique :
"La Veille Électronique convie les citoyens à l’écoute et à l’expression active dans un jardin de 12 techno-fleurs. Une proposition ludique venant égayer un parc à la mémoire des personnes décédées du sida au Québec et offrant une collection de témoignages vidéo sur la situation actuelle. Une expo évolutive où l’art se nourri de la réflexion de chacune et chacun dans ce qu’il est convenu d’appeler l’intimité collective."
Plus d'information au http://www.veilleelectronique.com/

4 slogans différents, un même message

Vous aimez le vidéo? Alors n'hésitez pas à demander le matériel de la campagne afin d'en promouvoir le message.

Des autocollants, des affiches et des signets sont disponibles en 4 slogans différents.

Pour en obtenir, il suffit de nous contacter au commentaires@stopserophobie.org

















































Un kissing booth réussi





Lors de la journée communautaire des Célébrations LGBTA, tenue le 15 août dernier, les passants ont pu participer à une activité de sensibilisation : le Kissing booth!

Pour 2$, les visiteurs étaient invités à embrasser une personne séropositive, suite à quoi ils recevaient un autocollant de la campagne disant : "j'ai embrassé un séro+".



Cette activité à permis de ramasser entre 400 et 500$.

Merci aux participants de la Maison Plein Coeur et d'ACCM pour leur implication dans cette activité.

La campagne fait le tour du monde

Voici le témoignage de J. :

Tout d'abord, je me présente rapidement, je suis J., je suis français et vis à Paris depuis 2006. J'ai 34 ans.

J'ai voulu ce soir aller chatter (et pas chercher du sexe) sur un site gay et je suis tombé sur votre lien... Curiosité, et hop j'ai cliqué...

Ah oui, j'oubliais je suis séropo hein... c'est quand même important de le préciser...

J'ai regardé votre petit film, j'ai été super content en voyant le film : deux garçons super mimi qui "craquent" manifestemment très fort l'un pour l'autre, et je suis un peu trop sentiment peut-être, mais je les ai trouvés chauds, mignons, mais surtout complices ; limite le coup de foudre... Et j'étais là à sourire niaisement comme un idiot devant les feux de l'amour...

Puis d'un coup, alors que rien n'est dit (ou en tout cas on entend rien dans le film) : le REJET TOTAL et VIOLENT, en une seconde tout s'écroule, bascule dans l'horreur la plus simple et chose inattendue : j'arrive enfin à pleurer ! Je dis enfin, car, c'est mon histoire de vie, mais mes dernières larmes je les ai sorties de mes yeux à l'âge de 8 ans au décès de ma mère... Je n'ai jamais réussi à pleurer de nouveau par la suite, et tout le monde sait à quel point cela peut être un soulagement... et bien personnellement, rien, nada, nothing depuis cet âge là.

Merci à ce film, merci de montrer à quel point c'est si dur d'être considéré comme de la m..., d'être considéré comme quelqu'un avec qui on ne peut rien construire : ce rejet je l'ai vécu de nombreuses fois : sur le net, dans un sauna, avec un mec que je ne voyais que pour du sexe mais pendant très longtemps, ou même avec les garçons avec qui j'ai pu imaginer croire qu'un jour on aurait pu être ensemble...

Bref, merci à vous tous pour avoir mis ce problème là devant les yeux de tous, je crois que je ne pouvais pas moi-même mettre des mots sur "ça" et le regarder sur un écran alors que je vis ces rejets sans arrêt et coup sur coup depuis 16 ans maintenant, tout ça a fait craquer mes yeux : je pleure à nouveau : quelle délivrance !

Je finirai juste en disant qu'à force de recevoir des coups de pelles dans la tête et des couteaux dans le coeur face à ces rejets, j'ai finalement choisi d'être tout aussi malheureux, mais au moins je choisis ma misère moi-même : je ne vois plus personne depuis bientôt un an... Après tout c'est quoi le dicton : mieux vaut être seul que mal accompagné non ?

Merci encore, et vive le québec et votre façon de penser, les princesses du Marais parisien et la France en général ont encore beaucoup de chemin à faire...

Un gros bisou,

J.

Des activités de sensibilisation

À Montréal, des activités de sensibilisation et de diffusion auront lieu dans le Parc de l’Espoir en collaboration avec Kulturbine / La Veille Électronique.

Tout au long de l’été, des intervenants et des bénévoles seront sur place pour recueillir des témoignages en lien avec la sérophobie.

Ces témoignages seront diffusés par la suite sur le site de la Veille Électronique.
www.veilleelectronique.com

Les périodes prévues sont : 31 juillet au 2 août, 21 au 23 août et 4 au 6 septembre.

De plus, lors de la journée communautaire des Célébrations de la Fierté LGBTA, le samedi 15 août, les intervenants de la Maison Plein Cœur et d’ACCM organiseront des activités en lien avec la campagne.

N’hésitez pas à nous contacter si vous voulez organiser des activités de promotion ou de diffusion dans votre région.

Témoignages

Éric, 52 ans
Ce que je trouve le plus difficile de vivre avec le VIH, c’est au niveau des rapports amoureux. Subir le rejet suite à un dévoilement de mon statut à un nouveau partenaire sexuel ou amoureux me fait mal. Les expressions du visage de certains sont tellement remplies de dédain, c’est blessant ! Des gars m’ont dit que je l’avais cherché et que c’était bien fait pour ma gueule. Bref, ce n’est pas facile. Je ne sais plus si je dois le dire, à qui le dire, quand et comment le dire. Et là, je ne parle même pas du milieu de travail, où on me tolère comme gai, mais où personne ne connaît mon statut sérologique. Si seulement ils savaient. J’aurais peur de perdre mon emploi.


François, 22 ans
Les gens s’étonnent souvent quand je leur dis que je suis séro+. Ils me disent « mais t’es tellement jeune ! » ou « t’a pas l’air » comme si l’âge faisait une différence ou qu’on peut deviner le statut de quelqu’un par son apparence. Souvent, ils vont avoir pitié de moi, comme si ma vie est complètement gâchée à cause du VIH. Ils ne comprennent pas que c’est difficile de vivre avec le VIH à cause de la discrimination, la ségrégation et les attitudes négatives des gens.


Jean-Marc, 37 ans
Être gai et séro+ en région n’est pas facile. J’ai essayé de cacher mon statut pour ne pas vivre le rejet. Je l’ai dit à un gars qui m’intéressait en début de fréquentation. Il ne voulait rien savoir d’une relation avec moi, mais le pire est qu’il l’a annoncé à tous ces amis. Dans une petite ville comme la nôtre, les potins voyagent vite. Là, je suis pointé du doigt et personne ne veut être vue avec moi par peur que les gens pensent qu’eux aussi sont séro+.


Frédéric, 44 ans
Je vis avec mon chum Paul depuis 6 ans. Il est séronégatif. Lorsqu’on s’est rencontré, j’ai lui annoncé mon statut en partant et pour lui, il n’y avait pas de problème. Ce qui est difficile est la réaction des gens, spécialement ses amis et sa famille. Ils ne comprennent pas qu’il veuille sortir avec moi, comme si j’étais de la marchandise abîmée. J’ai toujours été ouvert par rapport à mon statut. Je travaille dans un organisme de lutte contre le VIH et je suis actif dans le milieu. Les gens pensent que Paul est séro+ juste parce qu’on est en couple. Des fois, je me sens mal pour lui, il vit de la discrimination à cause de moi.


Jérémy, 27 ans.
J’ai mis mon profil sur un site de rencontre pour trouver un chum. Je suis tombé sur le profil d’un gars qui m’a vraiment plu, donc je lui ai envoyé un message. Il m’a répondu « laisse faire ». J’étais surpris et vexé, je lui ai demandé des explications. Il m’a répondu qu’il a lu sur mon profil « cherche gars clean et en santé». Il m’a dit qu’il est séro+ ET en santé (d'ailleurs, il était beau et musclé et avait l’air plus en santé que moi J ). Il trouvait le mot clean insultant comme s’il était un déchet. Je n’y avais pas pensé de cette façon. Je lui ai répondu que je cherchais un mec séronégatif parce que je voulais une relation sérieuse et que je voulais éventuellement arrêter d’utiliser le condom avec mon copain. Il a répondu, t’avais juste besoin d’écrire « je cherche un mec séronégatif comme moi pour relation de couple ». Ce gars m’a vraiment fait penser à mes mots, d’ailleurs, on se parle toujours de temps en temps.